lundi 15 septembre 2014

UTHC65… une épreuve pour mon «mental toughnesss»…

Par où commencer… 

Je ne sais pas par où commencer cette chronique...  je n’arrête pas d’écrire depuis mon passage de LA ligne d'arrivée de ce qui est à ce jour la plus longue et difficile épreuve sportive de ma vie...  j'ai essayé de mettre de l'ordre dans mes idées...  mais excusez-moi de faire un peu de coq à l'âne...
Après des mois de préparation pour cette aventure...  samedi dernier était le grand jour…  j’ai complété le 65km et ce en 10h43.
MA médaille...!!!...

Éclater en sanglots en traversant la ligne d'arrivée...  des larmes de fierté de douleur… d'émotions...  de tristesse et de fatigue...
À la fin je n'avais plus mal nulle part...  j'avais mal partout...  jambes...  dos...  et même mal à l’âme  on veut toujours faire plus...  mieux...  plus rapidement...  cette quête de l'excellence...  j'ai visité mon «dark side of the moon»...  avec le recul...  la déception fait place à la fierté...  et un peu plus de 48 heures plus tard...  prendre le temps de remettre les choses en perspective...  je peux dire que je suis vraiment fière...  je commence seulement à réaliser l'ampleur de mon accomplissement...


Prendre le départ...



Debout à 1h40am...  pour prendre l’autobus à 3am dans le stationnement du Mont Grand-Fonds...  lieu de mon arrivée...  plusieurs heures plus tard...  ça a quelque chose de surnaturel 
Il fait -1c...  j'embarque dans l'autobus qui me mènera au départ.

Il y a la fébrilité de la meute dans l'autobus qui nous transporte...  quelques-uns poursuivent leur nuit...  ça placote aussi, mais pas trop fort...   alors que d'autres en profites pour petit-déjeuner...  je suis de celle-là...

Une grosse heure de route en autobus jaune...  direction le Parc des Hautes-Gorges de la Rivière Malbaie...  là où le gardien du parc nous attend, afin de nous ouvrir la barrière...

C'est donc sous l'éclairage intense des phares des autobus que nous faisons la file pour les toilettes...  chimiques...  deux fois plutôt qu'une pour moi...
Je fais mes derniers préparatifs...  tout placer dans le sac d'hydratation, faire les derniers ajustements...  bien attacher mes SpeedCross...  m'assurer que ma frontale est en bonne position et prête à jouer un rôle des plus important dans cette noirceur....

Ajustement de la frontale

Excitation avant le départ...!!!...
À 5am précis c'est le GO du départ...  dans le noir de la nuit...  nous sommes plus de 300 athlètes à nous élancer frontales allumées...  plus de 300 lucioles à éclairer la nuit un beau spectacle son et lumière...  au rythme de nos pas nous prenons le sentier de départ tout en ZigZag qui nous permet de voir les coureurs devant...  et derrière...  tout simplement magique....  cela se déroule sans même voir le majestueux Acropole des Draveurs dans le Parc des Hautes-Gorges de la Rivière Malbaie...

Partir mollo...  un...  question de me réchauffer...  du froid (-1c)…  et mettre mon corps en marche (ou plutôt en course, je devrais dire)...  deux...  ne pas me brûler dès les premiers km, malgré la section de 8km facile...  trois...  je n'ai pas de pratique de Trail de nuit à mon actif cette année...  je vivais dans le déni...  mais suite à cette heure, heure et demie à la frontale je m’en suis bien sortie…
 

Pendant...
Le parcours est vraiment incroyable…  on y retrouve de tout…  des sections techniques, des montées, des descentes, etc…  de tout…  pour tous les goûts…  mais pas toujours à mon goût…  et des paysages merveilleux...
Crédit photo : Christian Laroche
Quand je suis passé devant l’affiche mentionnant 42km à faire…  je me suis dit qu’il ne me restait qu’un marathon à faire…  jusque-là tout allait parfaitement bien…  dans le meilleur des mondes…
Il me reste un marathon à faire ;)

Au 25e km j'ai souffert de crampes aux adducteurs en pleine montée...  incapable de lever ma jambe gauche sans avoir une crampe...  merci à l’arbre qui m’a soutenu  et surtout au gentil samaritain m'a donné des capsules de sodium....  «it's make a difference»...  l'entraide entre coureurs en Trail est bien présente...  et plus jamais je ne partirai sans de telles capsules…

Les ravitos étaient exceptionnels...  de vrais petits buffets...  de bonnes chips et du Pepsi à 9am...  je sais que c'est surprenant pour la majorité des gens…  mais pour nous c’était un régal...  le sel, le sucre rapide et la caféine sont grandement bienvenue et surtout apprécié...  mais, mon coup de cœur du jour...  la soupe chaude Lipton Poulet et Nouilles...  sa chaleur, son réconfort...  souvenez-vous comment vous vous sentiez, quand votre maman vous en servait un bol, un jour de gros rhume...  n'oubliez pas qu'il faisait froid lors de l'uthc...  un départ à -1c et un gros max de 8c, ombrageux et en montagne...
Parlant de froid…  pas question de souffrir d'hypothermie pour moi...  j'étais pas mal contente de mon choix vestimentaire...  j'ai gagné mon pari...  tout au long je portais mes deux chandails techniques à manches longues...  ma tuque, un Buff en guise de foulard et mes ti-gants...  je suis contente d'avoir porté mes guêtres sur mes SpeedCross...  pour éviter à la bouette d'entrer...

Parlant de gants...  dans les derniers ravitos je mangeais sans enlever mes gants...  pour ne pas geler...  c'est fou comme dans une telle course mes notions d'hygiène prennent pas mal le bord...
Je confirme que ma cloche à ours fonctionne bien...  je n'ai pas rencontré un seul ours sur mon chemin....  autant par bout elle me servait un peu de «pacer» en me donnant ma cadence...  son rythme s’ajustait à ma vitesse car plus j'allais vite et plus elle «clochait»...  mais par bout je voulais juste la «pitcher» dans le bois...  imaginez-vous courir 10h43 de temps au son d'une cloche...

Mais je me suis fait attaquer par un loup  vous pouvez voir ses griffes sur ma jambes…  mais non…  ce n’est pas un loup…  probablement une roche ou un arbre que j’ai enjambé  tout ce que je sais c’est qu’à un certain moment j’ai remarqué ma jambe en sang…

J’ai également eu une bonne gestion de mon alimentation et de mon hydratation tout au long du 65km....  conseil de Jimmy la veille du départ...  ce dernier était fermeur du parcours avec Cédric…  et tout au long de la journée j’ai eu une pensée pour eux…  je ne voulais pas voir les deux méchants loups fermeurs....  lire mon ironie bien entendu...  j'adore mes amis de Trail...  mais je me tenais le plus loin possible de la dernière position...  mais surtout je voulais franchir la ligne d'arrivée...

Je suis fière d'avoir franchi la distance...  un DNF n'était pas une option...  je ne me voyais pas dire la raison de mon abandon...  demander un rapatriement vers l’arrivée…  et dire…  «j'm'excuse mais je trouve ça long et plus difficile que ce à quoi je m'attendais»...  «No way»...  pas question d'arrêter...  avance...  marche ou rampe mais avance...
En regardant les résultats je remarque que seulement 19 femmes sur 124 «finishers» au 65km ont franchi la ligne d’arrivée…  je fais partie des chanceuses à vivre une telle expérience…!!!...

Ma déception....

Je ne cacherai pas ma déception...  surtout au moment de mon arrivée...  qui malheureusement a fait un peu d'ombre à ma fierté...  mais avec le recul je suis très très fière de mon accomplissement…  n’en doutez pas…
LE mur  je l’ai frappé de plein fouet…  je ne l’ai pas vu arriver  je suis pas mal certaine que c'était lui...  il était là à m’attendre en silence au 50e km après 8heures de course...  j’en étais rendu à ma plus longue distance à ce jour, qui était La Chute du Diable l’an dernier...  c’est la première fois que je l’expérimente à ce point…

Tu visite des parties de toi...  que tu ne veux pas nécessairement visiter...  des souvenirs et des pensées enfouis tout au fond de toi…  des dénis qui refont surface...  ça donne le «moton»…  la boule dans la gorge...  et ça ne court pas très bien...  croyez-moi…
Afin d’accepter ma déception  de la comprendre  et de la mettre de côté  j’ai écrit  et écrit encore…  et j’en partage un bon bout avec vous…  je devais savoir d’où ça venait… 

Ça m’a fait chier d'avoir fait ce chrono...  je m'attendais à faire un max de 10h...  «but who cares» mon chrono…  l’important n’est-il pas de franchir la distance…???...  oui, mais…  avec tous les km accumulés, ma bonne alimentation, hydratation, sommeil et sacrifices des derniers mois...  je m'attendais à mieux...  je place peut-être la barre trop haute face à moi-même...
J'ai peut-être aussi sous-estimé le parcours de l’uthc65...  ses sections «faciles» pas si facile...  je n'ai pas réussi à faire des relances et regagner un peu de temps perdu dans les sections plus techniques qui ne sont pas ma grande force...  par bout je marchais...  je trottinais...  je me faisais croire que je courais...  mais je crois que je faisais de la marche avec des rebonds et que je n'avançais finalement pas plus vite...  lol...  aussi bien en rire...

C'est sans contredit l'épreuve sportive la plus difficile de ma vie à ce jour...  plus que le 50km de La Chute du Diable en 2013  plus que le Trans-Vallée en 2012 plus que mes 5 marathons....  que mes duathlons longue distance ou mes triathlons...  plus que tout… 
Je suis allé puiser tout au fin fond de moi...  ma force, ma volonté et ma persévérance...  et surtout toute mon énergie...  je me sentais vidée le lendemain de la course...  la boule dans la gorge...  je me sentais fragile et à fleur de peau...  au bord des larmes...

Plus j'écris et plus je me rends compte que ma déception vient aussi du fait que je n'ai pas passé la ligne d'arrivée avec le sourire...  mais en larmes...  fatigue, chagrin, déception, émotions...  émotion de voir tous ces gens qui nous accueil en champion peu importe le chrono...
 

Marly the PINK Run’Her :-)
La course pour moi c’est la VIE…  c’est MA vie… :-)

6 commentaires:

  1. Tellement agréable et beau à lire.. Je n'ai pas tes capacité et je ne les auraient jamais. Mais tout au long de cette lecture je me sentais a tes côtés, il faut dire que j'ai une ou un imagination facile et visualise les récits. Si je pouvais visualiser mes réussites comme lors de mes lectures, je défoncerai des record lol.. FÉLICITATION!!!!! ET merci de partager ton aventure, tes émotions avec nous.. MERCI!!!!

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  2. Marlene, je te félicite d'avoir accomplie cet exploit car s'en est un solide. Je suis certaine que tu continueras d'en retirer un bagage d'expérience pour encore un méchant bout de temps, peut-être même toute ta vie. Le temps que ça aura pris au final n'aura plus vraiment d'importance.

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  3. Tu es une inspiration pour moi. Non que je ferai ce que tu fais, mais pour ta persévérance. Lâche pas et sois fière de toi.

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  4. Plus facile de la lire que de la faire cette course. Je suis très fière de ma collèque pour sa détermination et son courage. Un gros gros bravo Marlène.

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  5. Une inspiration oui oui oui tu es de celle qui m'inspire beaucoup. Bravo pour ta force et aussi ta résilience, Tu as accomplis un bel exploits et je suis certaine qu'il y en aura plein d'autre, je vais continuer de te suivre. Merci de partager tous ca avec nous.

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  6. Félicitations ta détermination, ton courage et ta persévérance m'impréssionne beaucoup ! Te lire m'encourage pour mon nouveau défi du 28km trail de cette année continue ton beau travail !! Te lire me fait sourire bravo !

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