lundi 6 juin 2016

Ottawa 2016, tu étais HOT

I won’t give up, no I won’t give in
Till I reach the end
And then I’ll start again
Though I’m on the lead

I wanna try everything
I wanna try even though I could fail
I won’t give up, no I won’t give in
Till I reach the end
And then I’ll start again
No I won't leave
I wanna try everything
I wanna try even though I could fail


Afin de mettre de l’ambiance dans votre lecture, il est fortement suggéré d’écouter la trame musicale qui vient avec.  TryEverything de Shakira.  C’est LA « toune » qui m’a fait terminer mon marathon.  Je l’ai écoutée en boucle sur le dernier kilomètre et demi. Pour le rythme et le message. Je n’abandonnerai pas, j’irai jusqu’au bout!! Il n’y avait pas mieux pour me faire franchir la ligne d’arrivée!
Je l’écoute et je revois la fin de mon marathon qui était magique, je flottais au-dessus de la route, j’ai terminée forte et confiante!  C’est en la réécoutant quelques fois que j’ai rédigé cette chronique.

J’ai eu de la difficulté à rédiger cette chronique.  Écris un bout, efface, recommence, couper du texte, le recoller à un autre endroit, passer à autre chose, y revenir.  J’avais besoin de prendre du recul pour rendre mon vécu lors de ce marathon.  Comme si j’avais peur d’être trop positive, prétentieuse, je ne sais pas.  Il n’est rien arrivé de bien spécial lors de celui-ciPas d’anecdotes farfelues, pas de difficulté majeure, pas de coup de chaleur, pas de blessure, etc.   J’ai « juste » fait mon 42,2km.  Je crois que c’est ça, j’avais peur d’être prétentieuse, car oui j’ai eu un beau marathon, et je dirais même que c’est un de mes plus beaux.  De plus, j’ai éprouvé de la difficulté à mettre des mots sur ma sensation, sur mes sentiments suite à celui-ci.  Finalement, je crois que j’y suis arrivée, en laissant courir mes doigts sur le clavier et en rassemblant quelques notes que j’avais prises ici et là.

Vivre mon marathon, tel était mon objectif en prenant le départ de mon 7e marathon à Ottawa le 29 mai dernier.  
Courir dans le plaisir et surtout pour le plaisir.

L’avant-marathon
Pour une très rare fois, je n’avais pas le goût de prendre un bain de foule, j’avais besoin de ma bulle, besoin de me reposer, de faire le plein d’énergie et de garder mon énergie pour mon marathon. J’ai donc respecté ce besoin, et ça a porté fruit. Quand on est à l’écoute, notre corps nous dit exactement ce dont il a besoin.
De façon surprenante, le samedi matin j’étais très zen, relaxe. Je suis sortie courir un beau 5km pour activer mes jambes, faire une reconnaissance des 3 derniers km du parcours du marathon, pour me préparer à revivre le 39km et les suivants, qui ne sont jamais faciles. Ensuite, un petit déjeuner/brunch en tête-à-tête avec moi-même, question de relaxer. Suivi d’un petit moment à l’expo et up je retourne à la chambre d’hôtel!
Je ne me suis pas laissé prendre au jeu des réseaux sociaux par rapport à la chaleur extrême annoncée, j’ai fait confiance à l’organisation et à mon expérience de coureuse.  J’allais prendre le départ comme prévu et m’ajuster en cours de route. Et je crois que de me permettre de m’ajuster en cours de route a été ma meilleure décision.  Facile à dire, mais pas si facile à faire. Je reste une coureuse ambitieuse, mais j’ai beaucoup appris au fil des années, au fil des marathons.  J’ai appris parfois à la dure, en faisant des erreurs, et en me blessant.

Vivre mon marathon
Vivre mon marathon, c’était ça mon objectif à moi.  Et je suis pas mal fière d’avoir complété mon 7e marathon, dans ma carrière de coureuse.  Chaque marathon est différent, chaque coureur vie son marathon d’une façon différente.  C’est ça le marathon, il nous appartient.
Vous le savez les réseaux sociaux en ont tellement parlé, c’était hot hot hot.   Une chaleur un peu inhabituelle pour une fin mai.  Je ne vais pas vous raconter les 42,2 km de mon marathon un à la fois.  Ceux qui lisent mon blogue régulièrement le savent, ce n’est pas mon style. De toute façon, je suis incapable de tout tout tout me remémorer km par km.  Je vais plutôt vous dire ce que je retiens de mon marathon, l’apprentissage que j’y ai fait, car je dis toujours qu’on apprend toujours quelque chose sur nous lors d’un marathon.  L’an dernier c’était l’humilité, cette année je dirais la pensée positive.

Un marathon pour moi c’est un peu (beaucoup) le chemin de Compostelle des coureurs.  En tout cas, c’est le mien.  C’est un moment seul avec moi. Et cette fois-ci je voulais vraiment le vivre seule. J’ai donc pris le départ seule avec moi-même entouré d’inconnus, dans le corral bleu tout près du lapin de 4h10.  Lapin dont je savais qu’il ne fallait pas que je suive de trop près, mais «just keep an eye on him» pour le départ.  Et surtout ne pas le dépasser.  Car le dépasser, ça voudrait dire que je prends mon départ trop rapidement.  Et ça, ça a « scrappé » quelques-uns de mes marathons par le passé.  Tout donner dans la première demie et ne plus avoir d’énergie et de jambes pour poursuivre au même rythme dans la seconde. Prendre un départ trop rapide et ne pas écouter les signaux de mon corps et me blesser, « name it » je peux poursuivre mon énumération des conséquences suite à un départ trop rapide, qui est un peu la spécialité de mes marathons #3 à #6.  Donc, mon tout premier défi à ce marathon était de prendre le départ au bon pace, lentement, et même un peu plus lent que la vitesse de croisière planifiée pour les 42km.  Ne pas me précipiter dans la gueule du loup. J’ai la mauvaise habitude, comme plusieurs coureurs de prendre un départ trop rapide.  Car qu’on se le dise notre pace marathon, est un pace plus lent, un pace que nous devons tenir 42,2km.  Et à ce 7e marathon je commence à me connaître, je commence à comprendre comment fonctionne la bête qu'est le marathon et comment ma machine à moi fonctionne et réagit.  Je l’ai écrit un peu plus haut, on apprend beaucoup sur soi lors d’une telle épreuve!

Je cours pour le plaisir, mais j’ai tout de même un objectif.  Je suis une fille de défi, une fille d’objectif.  Quand je fais quelque chose, il doit y avoir un but.  Pour moi il est impossible de partir sur un marathon sans en avoir un. Comment faire sinon pour savoir à quelle vitesse prendre le départ, sans m’épuiser.  Alors mon objectif était de 4h15 pour ce marathon.  Un objectif réaliste, réalisable et conservateur.  J’ai fait mes 16 semaines d’entraînement en fonction de celui-ci.  Un objectif en fonction d’où je me situe moi comme coureuse présentement, et non pas où je rêve d’être, et ainsi prendre le risque de m’épuiser, de me blesser et de m’écœurer.  Cet objectif a été fixé alors que je croyais prendre un départ avec une température autour de 20 degrés Celsius, ce qui est habituellement le cas à Ottawa.  Puisqu’il faisait beaucoup plus chaud et que le coup de chaleur ne faisait pas partie du plan de match, je me suis réajusté à la mi-parcours en voyant le thermomètre augmenter et ma vitesse légèrement diminuer.  Le plan B était de 4h30.  Je dois avouer qu’autour du 30e km avec le soleil qui est sorti entièrement de sa cachette derrière les nuages, je me disais que ce serait peut-être plus 4h40.  Au 38e km la foule et ses encouragements, suivi de Sara la lapine du run & walk en 4h30 qui arrive à mes côtés, je m’accrocheUn regain d’énergie et de bonnes jambes dans les derniers kilomètres m’ont aidé à tenir mon plan B de 4h30 et de franchir le fil d’arrivée!!!

Ma plus grande fierté dans ce marathon a été d’être capable de m’ajuster, d’avoir pris un bon départ et d’avoir conservé une bonne constance malgré la chaleur et l’accumulation de kilomètres dans mes jambes.  J’aime bien après le marathon regarder les temps de passage sur Sportstats, ça ne ment pas.  D’ailleurs à chaque point de passage, comme je savais que mon Facebook allait vous en informer et que mes gars me suivaient depuis le Québec (merci au papa) je les saluais à chaque fois que je passais une borne, je savais qu’ils étaient avec moi.  Et tant qu’à faire dans le mélodramatique, ce sont également les premières personnes à qui j’ai eu la chance de parler de ma fierté d’avoir complété ce marathon. Car avec la magie d’internet ils ont pu me téléphoner au moment même où je franchissais la ligne d’arrivée, je n’avais même pas ma médaille au coup encore.  Je l’écris et j’en ai encore la chair de poule.

J’en reviens à mon marathon.  Il allait faire chaud, on le savait, je le savais.  Je m’étais promis de faire attention, pas question de vivre un coup de chaleur, pas question de terminer blessé cette fois-ci, juste courir avoir du plaisir à me dépasser.  «Respect the distance». Car un marathon ce n’est pas rien, et ce n’est jamais facile. Il y en a des plus faciles que d’autres oui.  Et celui-ci en fait partie.  Je me suis sentie bien tout le long. Pas mon marathon le plus rapide, loin de là, «but who cares».  C’était beaucoup plus important pour moi de respecter mon corps, et ainsi me permettre de poursuivre ma saison de course sans soucis.

Dans la course, comme dans la vie, il y a toujours deux manières de voir les choses. Et je vais vous en donner un bon exemple, en vous donnant une version négative de mon marathon, et ensuite avec ma vraie version, celle que j’ai choisie (car c’est un choix) d’adopter dès le 10e km, car à ce moment-là tout aurait pu basculer, je trouvais ça déjà un peu difficile.

Version négative écourtée
Il faisait vraiment trop chaud au marathon, je ne cours que rarement par cette chaleur, et en tout début de saison c’était vraiment pénible.  Je n’ai pas atteint mon objectif, je visais un 4h15 et bien secrètement un 4h10 m’aurait grandement réjoui.  De plus, je ne voulais pas avoir à marcher, mais je n’ai pas eu le choix à chaque point d’eau, donc au 3km pour au moins une minute.  Pas le choix de marcher, car je ne maîtrise pas très bien la prise du verre de boisson énergisante et la course sans faire de dégât.  J’ai marché quelques fois une minute ici et là pour récupérer, prendre une barre de Fruit2 ou des capsules de NUUN.  Etc, etc, je pourrais allonger encore et encore ce paragraphe.

Version positive, celle que j’ai choisie d’adopter
Un super marathon dont je suis très fière, une bonne gestion de course et un chrono beaucoup mieux que ce à quoi je m’attendais à un certain point autour du 30e km lorsque la chaleur et le soleil ce sont vraiment invités au marathon.
J’ai pris le temps d’arrêter prendre un selfie avec des amis au 26e, une petite visite à la toilette bleue au 36e pour un «pit stop express» et un remplissage de mes bouteilles autour du 37e  Non je ne considère pas que j’ai perdue du temps avec ces 3 arrêts, au contraire je suis convaincue que j’en ai gagné.  J’y ai gagné l’énergie de mes amis, le bonheur de courir une vessie vide et je me suis assuré d’avoir de la boisson énergisante et ainsi ne pas avoir à arrêter à la dernière station au 40e et ainsi filer jusqu’à la toute fin du marathon.
Au moment de remplir mes bouteilles, une dame au bord du parcours m’a parlé et dit qu’elle était bien surprise de me voir remplir mes bouteilles pendant le marathon. Ma réponse spontanée fût bien simple : «it’s not a race, it’s a marathon»…  que je lui ai répondu de mon meilleur anglais full accent du Québec, et elle m’a fait un grand sourire.
Le fait de choisir de porter mes lunettes roses et de voir mon marathon de façon positive a clairement fait la différence.  Je me suis parlé et me suis forcée à adopter une telle pensée.  Je sais que je suis chanceuse de pouvoir courir, chanceuse d’avoir la santé pour pouvoir le faire, avoir des jambes qui me permettent de manger des km et de km de course.  Ce n’est pas magique, je dois m’entraîner, mais je sais que c’est une chance, voilà pourquoi j’en profite!
Depuis quelques années j’ai opté pour la distance plutôt que la vitesse et j’en suis bien heureuse, je crois que je suis à ma place à cet endroit.  Mais certaines fois il me manque l’adrénaline de la vitesse d’un 5km vite fait.

La fierté de franchir la ligne d’arrivée sur mes deux pattes et pas trop mal en point est une victoire en soi.  Être capable de reprendre la course 3 jours après est une autre grande victoire, tout comme en revenir sans blessure!!

À voir les photos prises par l’organisation je crois que j’ai fait la grande majorité du parcours le sourire estampé dans la face.  Ça reste qu’un marathon ce n’est jamais facile, enlevé vous ça de la tête.  Mais avec un bon entraînement, une pensée positive, un respect de son corps et des éléments incontrôlables (lire la température) ça aide en titi à passer un bon moment.




Le lendemain du marathon, je me sentais très bien et une semaine plus tard, je sais que j’ai fait un bon entraînement et que mes jambes sont prêtes pour la suite de ma saison, qui n’est qu’à ses tout débuts, il me reste de gros, voire très gros objectifs. 

Je fais quoi le lendemain d’un marathon?  Je m’inscris à un autre marathon. Celui-ci, ça fait des années que je l’ai dans la mire, et il y a toujours une ou des bonnes raisons de ne pas le faire.  Mais là de la chnouttte j’y vais-je me lance vers mon 8e marathon.  Celui des Deux-rives SSQ Lévis-Québec.  Mais ce n’est pas tout il y a un un ultramarathon de 50km The North Face Endurance Challenge à Blue Mountain en Ontario à la mi-juillet. Oui, oui, je le refais cette année, et il sera suivi le lendemain du 21km.  Oui, oui je fais un duo de course, pour un total de plus de 70km en 2 jours.  Et après le Marathon de Québec je repartirai à la conquête d’un autre ultramarathon, et non le moindre, le 50km de UltraTrail du Bout du Monde en Gaspésie, 4 semaines après.

En terminant, je vous invite à visionner deux entrevues que j’ai faites à Ottawa.  La première a été faite la veille et la seconde quelques minutes après mon arrivée au marathon.  Dans cette dernière vous pourrez me voir au naturel (ça débute à 3min14)

It's not a race, it's a marathon!

Un kilomètre à la fois…  et je poursuis mon chemin, en inspirant sur mon passage.

Marly ;-)

La course pour moi c’est la VIE… c’est MA vie… :-)

1 commentaire:

  1. Bravo Marlène! C'est un super beau marathon ça! C'est comme ça que je les aimes!

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