mercredi 19 octobre 2016

Se dire les vraies choses!

Je dois l'avouer. Me l'avouer à moi en tout premier lieu. Je suis brisé. Je suis cassé. Je dirais plutôt j'étais cassé. 3 mois. Même un peu plus. Depuis. Le jour où mon corps m'a parlé. Crié après. Hurlé. Pour qu'enfin je prenne le temps de l'écouter. Et non pas m'écouter. Moi la tête dure. La tête de cochon. Il était au bout. Au bout du rouleau. Au bout de son énergie. Au bout de tout. À bout.

Ben oui.

Ça fait mal de s'en rendre compte. De m'en rendre compte.

J'en ai fait beaucoup ces dernières années et lui ne pouvait tout simplement plus me suivre.

Surtout dans la dernière année. Où un projet n'attendait pas la fin du précédent. «Non-stop». Ça roulait à 100miles à l'heure. En plus de mes entraînements et d'un nouveau travail.

Je suis comme ça moi. Je carbure aux projets. Aux défis. Ça me garde en vie. C'est ma vie. Ma dose d'adrénaline.

Mais là. Sans crier gare... Faux. Il avait un peu crié. Au tout début de mes vacances à la fin juin. Je n'avais pas full énergie. Mais je courais tout de même 100km par semaine. Mais c'est tout ce que j'arrivais à faire. Je ne m'en faisais pas. J'étais en vacances. J'avais le temps de m'effoirer, lire et regarder des séries télé sur Illico. Mais. J'aurais due y voir un signe. Un signal d'alarme. Mais non. Mon corps n'était pas blessé. Je courais. Et même, je courais comme jamais. Mais. C'était ça le message derrière cette fatigue. Mon corps me parlait.

Et.

Comme je n'écoutais pas le message. Que je faisais la sourde d'oreilles. Lui il m'a sournoisement infligé une bien mystérieuse blessure au pied gauche. Dans la nuit du 7 au 8 juillet dernier.

[…]




La reconstruction. Car je dois me reconstruire.

Je sais. Je sais que j'en ferai toujours plus que les autres. C'est plus fort que moi. C'est en moi. J'en ai besoin. Entre autre pour chasser mes démons.

[…]

Hier j'ai découvert le texte d'Ingrid, «La rançon de la gloire». Si ce n'est déjà fait, je vous invite fortement à le lire. Ce texte j’aurais pu en écrire une grande partie. Ça m’a fait réfléchir. Et ce matin après ma course j’écrivais le texte que vous lisez en ce moment. Ce texte m’a fait réfléchir. Il a aussi mis des mots sur mes maux. Je me sentais tout à coup moins seule avec mon besoin de bouger à tout prix. Moins seule avec mes bobos.

Les passages suivants m'ont plus particulièrement touché.

« Pourquoi? Parce que finalement, j’ai étiré l’élastique et qu’il s’est brisé! Je me croyais plus forte et mon corps m’a douloureusement rappelé que parfois, c’est lui qui a le dernier mot.»

« Ma réflexion se poursuit à travers ma lente guérison. Je suis en moins colère. Le meilleur mot que j’ai appris depuis plusieurs années est la « résilience ». Accepter pour mieux avancer. C’est ce que je fais. »

« Ce qui m’énerve au plus haut point, car j’en prends davantage conscience, c’est ce besoin perpétuel de me dépasser qui ne me quitte à peu près jamais. Et non, je ne suis pas en compétition avec personne d’autre que MOI. C’est fatiguant parfois! Le devoir de bien paraître, de bien performer, cette dualité constante. Je mûris……… »

[...]

Et c'est la lecture de ce texte qui m'a enfin décidé à sortir de mon mutisme. À vous partager ce que je viens de traverser. À vous partager un peu de moi.

Écrire me fait un bien fou. Mais je ne partage pas tous mes écrits. Faites-en l'essai. Écrire libère. Écrire nous permet de remettre les choses en perspectives. Écrire nous fait réfléchir.

Ma prochaine chronique dans Parcourir m'a également beaucoup fait réfléchir. Je l’ai écrite le weekend dernier et elle sortira au début novembre. L'écrire a été difficile. Sortir les mots. Trouver les mots. Pourquoi si difficile? Tout simplement parce que ça venait brasser quelque chose en moi.

J'ai eu des périodes obscures. Noires. Pas l'fun.

Dans ces moments jamais abandonner la course n'a été une option. Mais réorienter mes objectifs. Oui. Et ce travail est encore «in progress».



Présentement. Au fond de moi. Je sais. Je sais ce que je veux. Je sais ce qui est bon pour moi. Je dois écouter.

Je ne suis pas bonne. Je ne suis pas «super woman». Ni la femme bionique. Je suis juste convaincue que courir fait partie de mon bien-être à moi.

Et je l'apprécie d'autant plus depuis que mon corps a hurlé.

Chaque sortie que je peux faire est un cadeau.

Les bobos guérissent. Je dois leur donner la chance de guérir. Je dois leur donner le temps. Je dois accepter. Je dois respecter. Pour lui. Pour moi. Pour ma santé physique et mentale.

Des bobos ça m’a amené beaucoup de frustration, de déception, de colère, tout plein de trucs pas l’fun… Mais également du positif. Je sais encore plus ce que je veux. Vers où je veux aller. Je sais que la course est importante pour moi et est ancrée en moi.

Parfois ça peut me prendre du temps à comprendre. À entendre.

Mais je crois que là j’ai entendu. Peut-être pour ça qu’il me donne une pause. Qu’il semble aller mieux. Mais il (mon corps) ne peut pas me demander de rester inactive. Ce n’est pas moi. Ce n’est pas en moi.

Courir pour moi c’est essentiel. C’est ma médication à moi. La course m’aide avec mon TDAH. La course m’aide avec mes troubles alimentaires. Elle ne fait pas que m’aider physiquement, elle m’aide psychologiquement. La course m’a sauvée de dépression. La course c’est important pour moi.

Je n’écris pas ce texte pour aller chercher la sympathie ou la pitié. J’écris ce texte pour partager. Car je ne suis certainement pas la seule. Pas obligé de lever la main. C’est votre jardin secret. Tout comme moi je n’écris pas tout ici.

Un kilomètre à la fois… droit devant!


Marly ;-)



J’aurais probablement pu en écrire encore long. Mais j’ai pris la décision de publier ce texte ainsi. À chaud. Sans trop le retravailler. Pour garder l’intensité que j’avais en l’écrivant, ce mercredi 19 octobre dans le «notes» de mon iPhone. À 7h50 assise dans l’autobus 8 sur le chemin Chambly en direction du Cégep.

3 commentaires:

  1. Je continue à découvrir une p'tite sœur jumelle quelque part sur la Rive-Sud. Merci pour ton texte à chaud. Ca brasse des choses que l'on ne voit pas, ou que l'on ne veux pas voir, même avec les yeux grands ouverts.

    Pat

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  2. Je reviens dê lire le texte d'Ingrid. OUFF ! Y a un p'tit peu de nous autre là-dedans. À lire et à relire.

    Merci pour le lien

    Pat

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